Bienvenue sur le site de Petite fée, personne follement bizarre qui s'est égarée dans ce monde qui ne doit pas vraiment être fait pour elle. Alors vu que l'ère des technologies modernes a sonné, Petite fée a remplacé sa plume par un clavier pour gribouiller toutes sortes de pensées, et autres petits "textes" qui germent dans son esprit sûrement trop "torturé", enfin à vous de juger....
Encore un intermède avant la "suite" de "Regards et mots croisés". Toutefois ce texte sera un peu moins gai que le précédent. En effet, l'anticyclone Hope est allé prodiguer ses bienfaits ailleurs.
Lettre d'une inconnue dans ma boîte aux lettres
"Si tu savais combien tu me manques... Si tu savais comme je pense à toi... Pourtant cela fait si longtemps. Déjà deux ans et trois jours. Oui je tiens encore le compte du temps qui passe depuis cette fin d'octobre. Mais parfois, j'oublie de compter. Je m'en rends compte quelques journées plus tard que j'ai laissé passer la date de notre séparation. Quand cela m'arrive, je me dis que je suis malade mais que je me soigne. Deux ans et trois jours où les heures ne font que défiler sans prendre le moindre sens. Tu sais, ce que j'aime le moins, c'est l'effacement progressif d'une multitude de détails que je m'étais promis de ne jamais oublier. Ton visage, je le dessine encore dans ma tête et je suis sûre de ne pas me tromper. Je me souviens du vert de tes yeux qui s'éclaircissait en été et qui virait au bleu dès que le mauvais temps approchait. Je me souviens de tes cheveux noirs épais et indomptables. Je me souviens de tes lèvres bien dessinées, celle du bas étant légèrement plus charnue. Je revois encore tes mains si fines pour un homme et si douces. Tes mains d'artiste que je pouvais regarder des heures pendant que tu sculptais. Et ton sourire revient me hanter trop souvent, ce sourire auquel je ne pouvais résister, qui me liquéfiait littéralement. Ton rire résonne encore partout. Et pourtant j'ai l'impression que tu deviens plus flou parce que tous ces souvenirs ne sont justement que des souvenirs. Qui peut me dire aujourd'hui que tu es encore cet homme-là? Qui peut me dire si ton regard a toujours le même éclat? Comment savoir si je pourrais encore passer la main dans tes cheveux comme avant et les ébouriffer avec tendresse? Comment savoir si tes doigts n'ont pas quelque nouvelle entaille? Et tous les instants de bonheur que nous avons partagés, je peux les raconter encore mais ils auraient tellement plus de saveur si j'étais sûre que toi aussi tu y repenses parfois. Mais ça non plus, je ne le sais pas. Je peux juste espérer. Cependant, je crois que tes nuits sont paisibles. Tu ne fais pas comme moi des rêves sublimes où nous sommes encore ensemble. Et tu ne te réveilles pas le matin, le sourire aux lèvres, parce que tu as cru que ce songe était la réalité. Non, ton sourire ne s'évanouit pas, noyé par les larmes du cruel retour à la réalité. Les larmes qui mouillent l'oreiller parce qu'en te retournant pour te blottir contre la personne que tu aimes, tu ne trouves qu'un vide froid. Tu ne dois pas non plus faire comme si de rien n'était, comme si la douleur, la tristesse et la nostalgie ne t'envahissaient pas quand tu entends une chanson qui un jour a été plus ou moins la nôtre. Tu ne connais plus la douceur de ma peau -qui d'ailleurs sans toi n'existe pas - car tu en effleures une autre. Tu n'as jamais l'impression de revivre pendant une seconde le contact de nos deux chairs. Mais moi si... Malheureusement ce n'est pas suffisant pour que tu reviennes. Et puis de toutes façons, je ne te le dirai jamais. Tu ne sauras jamais tout cela. J'espère qu'elle ne te fera jamais de mal. Elle le regretterait amèrement. Je ne sais pas pourquoi je vous écris tout ça, vous que je ne connais pas. J'ai juste le sentiment que vous pouvez m'aider alors que je ne sais même pas (au moment où j'écris) où va atterir cette lettre. Je me suis juste dit que les bouteilles à la mer devenaient trop désuètes ces temps-ci. Alors voilà à l'heure où vous lisez ces lignes, j'ai erré dans la ville et ma main guidée par le hasard a décidé que c'était vous qui deviez recevoir cet envol pathétique. Comment allez-vous m'aider? Je n'en sais rien. Sans adresse, sans identité, je sais que vous ne me contacterez pas. Mais je n'attends aucune réponse. Je ne sais même pas d'ailleurs si vous prendrez la peine de lire. Vous prendrez cela pour une pub de club de rencontres, ou bien pour une de ses innombrables chaînes qu'il faut renvoyer. Je voulais simplement écrire, le dire à quelqu'un pour entamer une nouvelle page...
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