Bienvenue sur le site de Petite fée, personne follement bizarre qui s'est égarée dans ce monde qui ne doit pas vraiment être fait pour elle. Alors vu que l'ère des technologies modernes a sonné, Petite fée a remplacé sa plume par un clavier pour gribouiller toutes sortes de pensées, et autres petits "textes" qui germent dans son esprit sûrement trop "torturé", enfin à vous de juger....
J'entre dans le salon. Un énorme canapé s'étend au milieu de la pièce, recouvert de coussins moelleux. Quelqu'un a laissé traîner la télécommande sur l'accoudoir, un homme probablement. Une femme l'aurait déjà remise à sa place sur la table basse où repose une tasse de café. Du café frais vu la fumée qui s'en échappe. Mon imperméable beige traîne sur la moquette moelleuse. Quelqu'un a oublié d'éteindre la chaîne hi-fi, un air de jazz s'échappe des hauts parleurs situé aux quatres coins de la pièce. Le seul éclairage provient de la baie-vitrée dénudée de rideaux, la salle étant plongée dans l'obscurité naissante d'une fin d'après-midi d'avril. J'enfile soigneusement mes gants et appuie sur l'interrupteur. La lumière du lustre m'aveugle quelques instants, la pièce me semble s'être métamorphosée sous cette clarté soudaine. Et mon esprit lui aussi paraît s'accorder à cette nouvelle ambiance. Mes idées se font plus précises, s'ordonnent et mon corps, lui aussi, devient plus vif. Mes mouvements s'accélèrent. Je m'approche du canapé et vois enfin la tâche de sang. Elle s'étale sur la moquette beige, j'y plonge un de mes doigts. Il est encore chaud et bien liquide. Le crime a eu lieu récemment. Le sang commence à sécher réellement au bout de deux heures. Pourtant aucun corps. Je suis sûr que c'est encore les nouvelles recrues de la criminelle qui ont enlevé la victime et l'ont déjà apportée au médecin légiste. C'est pas vrai ça, ils sont pas foutus de laisser les lieux en état. Je ne suis pas en mesure de dater l'heure d'un décès certes, mais la position du corps, l'expression du visage se sont des détails importants. Sans parler des indices que l'on peut trouver sur les vêtements, la peau, les ongles, les cheveux. J'étais étonné que la musique soit encore en marche, je me suis dit qu'ils avaient enfin compris les consignes. Ils me laissent Charlie Parker mais ils emportent le cadavre, ces enfoirés! Et forcément il y en a pas un pour au moins me faire une description de la scène. Du moins, il n'est pas dans cette pièce. Il est peut-être en train d'interroger des témoins ou des proches de la victime. Je sais juste que quelqu'un a crié et que c'est ainsi qu'on a découvert le lieu du crime. Je n'ai pas eu plus de renseignements. Plus aucun respect pour un vieil inspecteur comme moi. Allez concentre-toi mon vieux! Je vois un peu plus loin sur la moquette des gouttes de sang qui proviendraient a priori de la table basse. Je sors de ma poche une loupe et examine minutieusement le meuble en bois. En effet, des traces rougeâtres, légères sont visibles. Déjà, dans ma tête, se met en place un scénario. Une bagarre ou une scène de ménage. Le ton qui monte, les paroles qui ne suffisent plus à exprimer la violence, on en vient aux mains et ce qui ne devait jamais arriver, arrive. L'un des deux protagonistes tombe, sa tête heurte le rebord de la table, il tente de se relever mais c'est trop tard, il sent une substance chaude et épaisse s'échapper de son crâne. Il s'effondre ensuite sur le sol, la tête vers le plafond, le sang formant une mare sous sa tête. Tandis que je reviens tout doucement à la réalité, je sens l'odeur du café me chatouiller les narines. J'observe la tasse et remarque une trace de rouge à lèvre sur la porcelaine. Intéressant, on pourra sûrement en tirer quelque chose, des empreintes voire même de l'ADN. Le tout sera de savoir s'il appartient à l'agresseur ou à la défunte. Toutes ces questions m'exaspèrent. Il faut que je trouve le stupide collègue qui a été chargé de garder les lieux pendant que ces copains ont débarassé le plancher (enfin plutôt la moquette). J'espère qu'ils n'ont pas laissé le plus niais sinon je ne vais pas avancer beaucoup dans cette foutue enquête. Ainsi, je décide de m'enfoncer un peu plus loin dans la maison. Je m'engage dans un couloir et j'entends des voix. La trompette qui faisait rage dans le salon avait sans doute étouffé ce bruit de conversation. Le jeunot doit se livrer aux questions de routine. Je passe devant plusieurs portes fermées tout en me rapprochant du lieu de la discussion. Je vois à quelques pas une porte ouverte d'où s'échappe une lumière jauneâtre. Je me poste près de l'embrasure pour écouter en cachette.
" Voyons, Marine, arrête de pleurer. Ce n'est rien. Ca arrive à tout le monde!
- Mais, je suis, ..., je suis tellement désolée, Maman.
- Ca suffit, ma puce. Ce n'est rien, ce n'est que du vernis. La prochaine fois que tu voudras t'amuser à te maquiller comme maman, appelle-moi. Allez sèche tes larmes, on va essayer de lessiver la moquette et on verra bien. Pour l'instant va appeler ton frère Marc, on ne va pas tarder à manger. La dernière fois que je l'ai vu il était dans notre chambre et s'amusait avec l'imper de papa."
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||